TOBIAS MORETTI

TOBIAS MORETTI

Interview Kleine Zeitung : Deutschstunde

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 Tobias Moretti im Interview"Ich habe immer Hoffnung, Angst ist mir zu passiv"
Tobias Moretti en interview : "J’ai toujours de l’espoir, la peur est trop passive pour moi"

In der Verfilmung des Siegfried-Lenz-Klassikers „Deutschstunde“ spielt Tobias Moretti einen Maler, dessen Werke als entartete Kunst verfemt werden. Der Schauspieler über Angst, Hoffnung und Pflichterfüllung.
Dans l’adaptation cinématographique du classique "la leçon d’alllemand" de Siegfried Lenz, Tobias Moretti joue un peintre dont les œuvres sont interdites en tant qu'art dégénéré. L'acteur à propos de la peur, de l'espoir et de l'accomplissement du devoir.

Von/de Luigi Heinrich | 04.50 Uhr, 06. Oktober 2019

Der Film beginnt mit dem jungen Häftling Siggi Jepsen, der im Jugendarrest einen Aufsatz zum Thema „Die Freuden der Pflicht“ schreiben soll. Das gelingt ihm nicht auf Anhieb. Was fällt Ihnen zu den „Freuden der Pflicht“ ein?
Le film commence avec le jeune prisonnier Siggi Jepsen, qui doit écrire un essai sur le thème "Les joies du devoir" en  détention juvénile sur une ile de l’Elbe. Il ne réussit pas d’emblée. Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit au sujet des "joies du devoir" ?

Tobias Moretti:
Durch den Blick auf den Zeitpunkt der Handlung, die Geschichte spielt ja vor allem in der Hitler-Zeit, ergibt dieser Satz natürlich ein negatives Bild, hat mehr mit Pflicht zu tun als mit Freude. Es ist eine Exposition für den Blick des einstigen Kindes Siggi, der die damaligen Geschehnisse nicht mehr aus dem Kopf kriegt. Deshalb  muss er es einfordern – indem er schließlich doch zu schreiben beginnt, und zwar ausführlich. Was in seiner Erzählung passiert, ist symptomatisch für die Generation dieser Zeit, die damit umgehen hat müssen und der das alles den Atem ihrer Zukunft genommen hat. Das Epos  von Siegfried Lenz hat Wucht und Atemlosigkeit, das Drehbuch von Heide Schwochow ist eine starke Essenz des Romans, sodass das 600-Seiten-Werk  zu einem sehr dichten Film geworden ist.
En regardant l'époque de l'intrigue, l'histoire se déroule surtout à l'époque hitlérienne, cette phrase donne naturellement une image négative, a plus à voir avec le devoir que la joie. C'est une exposition pour le regard de l’enfant d’antan Siggi, qui ne peut plus oublier les événements de cette époque. C'est pourquoi il doit réclamer son dû - en commençant enfin à écrire, et en détail. Ce qui se passe dans son récit est symptomatique de la  génération de l'époque qui a dû s'en occuper et qui a pris le souffle de son avenir. L'épopée de Siegfried Lenz a du pouvoir et de l'essoufflement, le scénario de Heide Schwochow est une essence forte du roman, de sorte que l'œuvre de 600 pages est devenue un film très dense

Mit Bezug auch zum Heute?
En rapport avec aujourd’hui ?

Moretti: Die großen Erzählungen sind immerwährend und immer heutig. Wie große Dichter ihre Zeit beschreiben, bleibt ewig aktuell.
Les grands récits sont éternels et toujours d’actualité. La façon dont les grands poètes décrivent leur époque demeure éternellement pertinente.

Wie Shakespeare?
Comme Shakespeare ?

Moretti: Ganz richtig. Der hat ja mit dem „Kaufmann von Venedig“ auch nicht Venedig, sondern London gemeint.
Tout à fait correct. Il ne parlait pas non plus de Venise avec « Le marchand de Venise » mais de Londres

Die von Ihnen verkörperte Figur des expressionistischen Malers Max  Ludwig Nansen ist dem Vernehmen nach an Emil Nolde angelehnt, dessen  Werke im Nationalsozialismus als „entartete Kunst“ verfemt wurden. Dafür wurde der Autor Siegfried Lenz kritisiert, weil Nolde ja letztendlich doch ein Anhänger der Nazis war. Ihr Film-Nansen ist aber nicht als  solcher erkennbar?
Le personnage du peintre expressionniste Max Ludwig Nansen que vous incarnez serait basé sur Emil Nolde, dont les œuvres étaient proscrites comme "art dégénéré" sous le national-socialisme. L'auteur Siegfried Lenz a été critiqué pour cela parce que Nolde a finalement été un partisan des nazis. Mais votre Nansen du film n'est-il pas reconnaissable en tant que tel ?

Moretti: Lenz hat sich rasch davon distanziert, dass er Nolde gemeint haben könnte. Er kannte Nolde, dessen expressionistischer Stil war für ihn wohl ein Paradigma für die existenzielle Leidenschaft der Kunst, aber Nansen ist wirklich nicht Nolde und sollte es auch nicht sein. Im
Übrigen wusste Autor Lenz klarerweise nicht, dass Nolde selbst Anhänger der Nazi-Ideologie war.
Es würde ja auch in der Erzählung keinen Sinn ergeben, wenn ein Nazi ein Malverbot ausgerechnet jemandem erteilt, der selbst Nazi ist. Generell gibt es Opportunismus und Systemimmanenz
von damals auch heute, ebenso das gegenseitige Benützen und  Instrumentalisieren. In der Kinoversion passiert das großartig und bildlich ungemein plastisch. Es gibt keine Schwarz-weiß-Zeichnung. Schwochow erzählt nie plakativ. Der ganze Film ist für mich wie ein Gemälde, ein Geschenk an die deutschsprachige Literatur.
Lenz a rapidement pris ses distances par rapport au fait qu'il aurait pu  vouloir dire Nolde. Il connaissait Nolde, dont le style expressionniste était pour lui un paradigme pour la passion existentielle de l'art, mais Nansen n'est vraiment pas Nolde et ne devrait pas l'être. En outre, l'auteur Lenz ne savait clairement pas que Nolde lui-même était un adepte de l'idéologie nazie.
Cela n'aurait aucun sens dans le récit si un nazi interdisait à quelqu'un qui est lui-même un nazi de peindre. En général, l'opportunisme et l'immanence du système de l'époque existent encore aujourd'hui, tout comme l'utilisation et l'instrumentalisation réciproques. Dans la version cinéma, cela se passed'une manière grande et très vivante au sens figuré. Il n'y a pas de dessin en noir et blanc. Schwochow ne raconte jamais de façon ostensible. Pour moi, tout le film est comme une peinture, un cadeau à la littérature germanophone.

Wie würden Sie Siggis Vater Jens Ole Jepsen, großartig verkörpert von Ulrich Noethen, am besten beschreiben? Als pflichtverbohrten Nazi?
Comment décririez-vous au mieux le père de Siggi, Jens Ole Jepsen, magnifiquement interprété par Ulrich Noethen? Comme un nazi convaincu ?

MORETTI: Jepsen vollbringt eine Kür aus Pflichterfüllung und Ehrgeiz. Er ist für mich einer, der am Ende nicht einmal mehr, wie ein uns allen bekannter Österreicher, sagen kann: „Ich habe nur meine Pflicht getan.“
Jepsen exerce un libre arbitre du devoir et de l’ambition, et pour moi, c'est un homme qui ne peut même pas dire, comme un autrichien bien connu de nous tous "j'ai seulement fait mon devoir".

Sie sind auch schon in „Jud Süß – Film ohne Gewissen“ in die Tiefen des Nationalsozialismus getaucht, haben den „Jud Süß“-Darsteller Ferdinand Marian verkörpert. Haben Sie je nachgedacht,
wie Sie sich in der Nazi-Zeit verhalten hätten?
Dans "Jud Süß - Film ohne Gewissen", vous vous êtes déjà plongé dans les profondeurs du national-socialisme en interprétant l'acteur de "Jud Süß" Ferdinand Marian. Avez-vous déjà réfléchi au comportement que vous auriez eu à l'époque nazie ?

MORETTI: Bei „Jud Süß“ noch mehr als jetzt bei der „Deutschstunde“. Ich denke, für mich hätte es damals wohl nur eine Entscheidung gegeben. Ich wäre – wenn möglich – geflüchtet, weil ich
unter diesem Regime moralisch überfordert gewesen wäre und bestimmt nicht überlebt hätte.
Encore plus avec "Jud Süß" qu'avec "Deutschstunde". Je pense qu’il n’y aurait eu qu’une seule décision pour moi à l’époque. Je me serais - si c’était possible - enfui parce que sous ce régime, j’aurais été moralement dépassé et je n’aurais certainement pas survécu.

„Deutschstunde“-Regisseur Schwochow kommt ja aus der DDR …
Le réalisateur de ‘Deutschstunde » vient aussi de RDA…

Moretti: Ja, und somit ist auch er unter einem anderen „Freiheitsbegriff“ aufgewachsen. Er hat erzählt, dass sein Deutschlehrer entscheidend daran beteiligt gewesen war, dass Christian unbedingt diesen Film machen wollte. Und der Geschichte lediglich Aktualität bescheinigen zu wollen, wäre zu klein gedacht. Denn wie wir wissen, läuten überall wieder Alarmglocken. Schwochow hat die „Deutschstunde“ aber mehr vom Ausgangspunkt aus analysiert.
Oui, et il a donc aussi grandi sous un autre concept de liberté. Il a dit que son professeur d’allemand était décisif dans le fait que Christian voulait faire ce film. Et le simple fait de se contenter de qualifier l’histoire d’actualité serait trop limité, car, comme nous le savons, des sonnettes d’alarme retentissent partout. Schwochow a toutefois analysé « la leçon d'allemand » plutôt depuis son point de départ.

Ein kurzer Blick zum aktu ellen Geschehen, nämlich zu den österreichischen Wahlen. Wie sehen Sie den Niedergang der Sozialdemokratie, den wir ja auch in Deutschland drastisch erleben?
Un coup d'œil sur l'actualité, à savoir les élections autrichiennes. Comment voyez-vous le déclin de la démocratie sociale , que nous vivons de manière dramatique en Allemagne?

Moretti: Die Sozialdemokratie hat sich von jenen entfernt, für die sie da sein soll. Und jetzt laufen ihr die Wähler in unterschiedliche Richtungen davon.
La démocratie sociale s'est éloignée de ceux pour lesquels elle est censée être là. Et maintenant, les électeurs partent dans des directions différentes.

Zurück zur Figur Nansen. Muss man malen können, um einen Maler überzeugend zu spielen?
Revenons au personnage de Nansen. Doit-on pouvoir peindre, pour jouer un peintre de façon convaincante ?

Moretti: Mir wurde sogar eine Malerin an die Seite gestellt. Drei Wochen lang hat sie mich begleitet, um dem Strich ein Selbstverständnis zu geben. Sie hat mir Perspektive beigebracht, Farbumgang und dergleichen. Es war unglaublich spannend und wichtig für die Figur. Zwei Ergebnisse hängen jetzt sogar bei mir zu Hause.
J'avais même une peintre à mes côtés. Pendant trois semaines, elle m'a accompagné pour donner au trait une auto-évidence. Elle m'a appris la perspective, la manipulation des couleurs, etc. C'était incroyablement excitant et important pour le personnage. Deux résultats sont même maintenant accrochés chez moi, à la maison.

Haben Sie angesichts der globalen politischen Entwicklungen Angst vor der Zukunft?
Avez-vous peur de l’avenir au vu des développements politiques mondiaux?

Moretti: Zukunftsangst ist bei mir weniger ausgeprägt als Hoffnung. Ich habe immer Hoffnung, denn Angst ist mir ein zu passiver Faktor.
La peur de l'avenir chez moi est moins prononcée que l'espoir. J'ai toujours de l'espoir car la peur est un facteur trop passif pour moi.

Was sind Ihre nächsten beruflichen Taten?
Quelles sont vos prochaines activités professionnelles ?

MORETTI: Ich wirke in einem Beethoven-Film mit, in dem Ludwig van in mehreren Stationen seines Lebens gezeigt wird. Ich bin der alte Beethoven. Mit dem Dreh beginnen wir im November. Und im Film „Gypsy Queen“ spiele ich einen alten Boxtrainer. Eine Figur, die ich sehr gern gehabt habe.
Je participe à un film sur Beethoven dans lequel Ludwig van est montré à plusieurs étapes de sa vie. Je suis le Beethoven âgé. Nous commencerons le tournage en novembre.Et dans le film « Gipsy Queen », je joue un vieil entraîneur de boxe. Un personnage que j’ai beaucoup aimé.

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