TOBIAS MORETTI

TOBIAS MORETTI

Tobias zum Gast in Aspekt (ZDF) - 27/09/19

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https://www.facebook.com/Tobias.Moretti.fr/videos/943856872634606/

Source : https://www.zdf.de/kultur/aspekte/deutschstunde-im-kino-100.html?fbclid=IwAR110vnMuBRhbNLHonf_MYkrNZfy3QPvv4ZLWmjYbj8vG-a8XQo8sQaUzmA


Katty Salie:
Schon einmal standen sich in Deutschland Generationen unverstanden gegenüber. Väter und Söhne nach der NS-Zeit. Siegfried Lenz hat das wohl in seinem berühmtesten Werk thematisiert. Geschrieben vor mehr als 50 Jahren und doch heute noch so aktuell. „Deutschstunde“. Ein Muss in den Deutschstunden der Bundesrepublikanischen Schulen. Ich frage mich, wie war das in
Österreich, Tobias Moretti? Haben Sie da den Stoff auch in der Schule durchgenommen oder wann hatten Sie zum ersten Mal Kontakt zu der Geschichte?
A une certaine époque en Allemagne, des générations se tenaient face à face sans se comprendre. Pères et fils après l'ère nazie. Siegfried Lenz en a parfaitement parlé dans son ouvrage le plus
célèbre. Écrit il y a plus de 50 ans et qui est toujours d'actualité. «l'heure allemande ». Un must dans les cours d'allemand des écoles de la République fédérale. Je me demande comment c'était en Autriche, Tobias Moretti? Avez-vous parcouru le matériel à l'école ou quand avez-vous découvert l'histoire?

Tobias:
Ja, das war Pflichtliteratur in Deutsch. Also es war halt im Rahmen der Aufarbeitung. Im Rahmen auch der Nachkriegsliteratur. Siegfried Lenz. Und ich fand das aber damals so ein bisschen ein „Muss“, das zu lesen, denn es ist ein sehr langes Werk. Und ich glaube, dass halt das Werk auch in irgendeiner Form auch ein gewisses Alter braucht, dass man einen Zugang hat dazu. Und nicht sozusagen den Zugriff von außen, vom Lehrer.

Oui, c'était de la littérature obligatoire en allemand. C'était donc juste dans le contexte de l‘assimilation. Dans le contexte de la littérature d'après-guerre également. Siegfried Lenz. Et j'ai trouvé que c'était un peu un "must" à lire, parce que c'est un travail très long. Et je crois que le travail a aussi besoin d'un certain âge, d'une certaine façon, pour y avoir accès en plus. Et non, pour ainsi dire, l'accès de l'extérieur, de l'enseignant.

Katty Salie:
Den Zugang haben Sie jetzt zweifach sozusagen, aber zuerst lassen Sie ihn uns offizielle begrüßen. Tobias Moretti hier bei Aspekte. (Beifall) Und den zweifachen Zugang hat er aus folgenden Grund. „Die Deutschstunde“, die gab es im Jahr 1971 schon einmal als Film. Jetzt hat aber der Regisseur Christian Schwochow sich das Thema noch einmal gegriffen und bei Christian Schwochow hat Tobias Moretti schon sehr oft gespielt. Unter anderem bei „BAD BANKS“. Und Schwochow hat sie in einer Hauptrolle besertzt. Sie spielen den Maler Nansen, der zwar kein
Widerstandskämpfer war, aber durchaus ein Mann mit Überzeugung.
Vous avez maintenant un double accès, pour ainsi dire, mais d‘abord laissez-moi le saluer officiellement. Tobias Moretti ici dans Aspekte (Applaudissements) Et le double accès pour la raison suivante. „Il y a déjà eu un film en 1971 de „l'heure allemande“. Mais maintenant, le
metteur en scène Christian Schwochow a repris le sujet en main et Tobias Moretti a déjà souvent travaillé avec Christian Schwochow. Entre autres dans „Bad Banks“. Et Schwochow vous a donné un rôle principal. Vous jouez le peintre Nansen, qui n‘était certes pas un résistant mais un
homme de conviction

Ausschnitt/Extrait:
Sprecherin/Commentatrice :
Hoch im Norden des Deutschen Reichs. Hitlers Berlin ist so weit weg, wie der Krieg, der Europa verwüstet. Und doch kriecht das Gift des Faschismus selbst zwischen beste Freunde..
En haut au nord du Reich allemand. Le Berlin d'Hitler est aussi loin que la guerre qui dévaste
l'Europe. Et pourtant, le poison du fascisme rampe même entre les
meilleurs amis...

Max Ludwig Nansen:
Jens

Jens Ole Jepsen:
Max

Nansen mit Blick auf das Bild/En jetant un regard sur le tableau:
Fehlt noch ein bisschen Blut, was?
Il manque encore un peu de sang, non?

Jepsen gibt ihm einen Brief/lui donne une lettre:
Den hast du gleich zu lesen.
Tu dois lire cela tout de suite

Nansen zu Hause mit Siggi, Jepsen und dem Brief/Nansen chez lui avec Siggi, Jepsen et la lettre:
Malerbot, Berufsverbot, Essverbot, Trinkverbot
Interdiction de peindre, interdiction d‘exercer sa profession, interdiction de manger, interdiction de boire

Jepsen:
Das Verbot wurde mit Kenntnisnahme in Kraft gesetzt oder?
L'interdiction a été décrétée avec préavis, n'est-ce pas ?

Nansen:
Ja, so steht es drin.
Oui, c‘est ce qui y figure.

Jepsen:
Ich habe mir das nicht ausgedacht. (Er geht) Das Verbot ist beschlossen und ausgesprochen.
Je n‘ai pas inventé cela. (il part) L'interdiction a été décidée et imposée.

Nansen:
Ja aber...doch nur in der Hauptstadt, Jens
Oui mais… Seulement dans la capitale, Jens.

Jepsen:
Mich haben sie beauftragt, das Malverbot zu überwachen.
Ils m'ont chargé de surveiller l'interdiction de peindre.

Sprecherin/Commentatrice:
Für Siggi, den Polizistensohn ist der Maler wie ein zweiter Vater. Der Junge gerät zwischen die Fronten.
Pour Siggi, le fils du policier, le peintre est comme un second père. Le garçon se retrouve coincé entre les fronts.

Nansen zu/à Siggi:
Sie glauben, dass Malen gefährlich ist. Sie glauben, dass ich gefährlich bin. Siggi, ich……… Komm her. Wollen wir zusammen malen? .Hm…(Siggi nickt) Das darfst du aber niemanden verraten.
Ils croient que peindre est dangereux. Ils croient que je suis dangereux. Siggi, je……. Viens ici. Veux-tu que nous peignions ensemble? Hmm (Siggi hoche la tête) Mais tu ne dois le dire à personne.

Jepsen an Siggis Bett/ Jensen à Siggi qui est au lit:
Arbeitet der Maler? Ich habe dich was gefragt? Hat er gemalt? Wir werden zusammen arbeiten Siggi! Nur wir beide. Da kommt keiner rein, nicht mal er.
Le peintre travaille? Je t‘ai demandé quelque chose? A-t-il peint? Nous allons travailler ensemble, Siggi! Seulement nous  deux. Là, personne ne peut s‘en mêler, pas même lui

Sprecherin/Commentatrice:
Siggi widersetzt sich dem Vater und wird an dem Konflikt zerbrechen, dessen Grausamkeit und Logik die beiden Männer entzweit. Großartig gespielt von Tobias Moretti und Ulrich Noethen.
Siggi résiste à père et se brisera dans le conflit dont la cruauté et la logique divisent les deux hommes. Magnifiquement joués par Tobias Moretti et Ulrich Noethen.

Ausschnit (Familienfeier) Extrait (fête de famille)
Jepsen gibt Nansen einen Brief/donne une lettre à Nansen:
Gemäß dem Gesetz über die Einziehung von Erzeugnissen entarteter Kunst, teilen wir ihnen mit, dass alle Bilder der letzten 5 Jahre beschlagnahmt werden. (Zu Jepsen) Hast du das gewusst?
Conformément à la loi sur la confiscation des produits d'art dégénéré, nous vous informons que tous les tableaux des 5 dernières années seront confisqués. (A Jepsen) Tu le savais?

Jepsen:
Ich tu nur meine Pflicht.
Je fais seulement mon devoir.

Nansen:
Und wenn sie dir befeheln, mich umzubringen, dann tust du das auch?
Et s‘ils t‘ordonnent de me tuer, tu le fais aussi ?

Sprecherin/Commentatrice:
Blinder Gehorsam, die Unterdrückung der Kunst, ja der Verlust von Menschlichkeit im Faschismus. Für die Filmemacher keine historisch erledigte Gefahr. Im Gegenteil.
Obéissance aveugle, la suppression de l'art, voire la perte de l'humanité dans le fascisme. Pour le
réalisateur du film, pas de danger historique avéré. Au contraire.

Christian Schwochow:
Irgendwie kehrt doch da gerade was zurück. Irgendwie werden autoritäre Strukturen gerade wieder salonfähig. Es werden Meinungen in einer Radikalität geäußert, dass sie plötzlich Mainstream werden. Und eine Figur wie Jens Ole Jepsen,der da durchsetzt, dass Kunst abtransportiert wird, Dass Meinungen nicht mehr geäußert werden. Da wird doch jetzt wieder laut fantasiert in unserem Land. Und das war der Impuls, hier zu sagen: Deswegen muss man diesen Film heute machen.
D’une certaine manière, quelque chose revient. D'une manière ou d'une autre, les structures autoritaires redeviennent socialement acceptables. Les opinions exprimées sont radicales et deviennent subitement majoritaires.Et un personnage comme Jens Ole Jepsen, qui affirme que l’art est détourné, que les opinions ne sont plus exprimées. Il y a maintenant un nouveau fantasme dans notre pays et c’est ce qui a été l‘impulsion pour dire ici: C‘est pour cela qu’on doitt faire ce film aujourd’hui.

Sprecherin/Commentatrice:
Der Film setzt auf große metaphorische Bilder. Und will damit zeigen, was damals geschah, kann wieder geschehen. Davor zu warnen, ist für Christian Schwochow gerade heute eine wichtige Aufgabe der Kunst.
Le film s'appuie sur de grandes images métaphoriques. Et il veut montrer que ce qui s'est passé à l'époque peut se reproduire. Pour Christian Schwochow, la mise en garde à ce sujet est aujourd'hui une tâche importante de l'art.

Christian Schwochow:
Ich glaube, dass zum Beispiel Medien und Journalismus da an absolute Grenzen stößt, wie man
sich dieser neuen braunen Gefahr in den Weg stellt. Das ist für mich eigentlich fast unmöglich. In Talkshows und in Nachrichtensendungen richtig damit umzugehen. Und ich glaube, jetzt müssen wir ran. Ich sehe das wirklich so. Ein wichtiger Film, dessen Bilder sich tief im Zuschauer festhaken. Die Menschen mag man danach ein wenig weniger und spürt, dass Wachsamkeit wichtiger ist, denn je.
Je crois que les médias et le journalisme, par exemple, atteignent leurs limites absolues quant à la manière de faire face à cette nouvelle menace brune. C'est presque impossible pour moi. Pour le gérer correctement dans les talk-shows et les émissions de nouvelles . Et je pense qu'on doit s'y
mettre maintenant. Je le pense vraiment. C'est un film important dont les images restent ancrées au plus profond du spectateur. Par la suite, vous aimez un peu moins les gens et sentez que la vigilance est plus importante que jamais.

Katty Salie:
Wachsam zu sein ist wichtiger denn je. Herr Moretti, sehen Sie das auch so und war das mit
ein Grund, eine Rolle in diesem Film anzunehmen?
Être vigilant est plus important que jamais. Monsieur Moretti, êtes-vous d'accord avec cela et était-ce une raison pour accepter un rôle dans ce film?

Tobias:
Ja nicht nur. Ich meine, dieser Film ist eine dramatische Essenz über den Irrsinn von Opportunismus. Über den Irrsinn, wie schnell man, oder wie schnell eine Gesellschaft in diese Konvention verfällt. Und insofern ist dieser Film, der wirklich wie Gemälde, fast wie ein Geschenk an Deutschland ist, nicht nur für mich eine Aufarbeitung – so ein klassischer Aufarbeitungsfilm, wo man sagt: Den müsst ihr jetzt anschauen. Das ist wirklich ein heutiger Film, im Hier und Jetzt, wo man minutiös von den Kapillaren bis zu den Furchen sofort erkennt sofort, wo die Knackpunkte sind. Wo man sich selber erkennt. Und nebenbei ist es einfach eine unglaublich erzählte Geschichte.
Oui, mais pas seulement. Je veux dire, ce film est une essence dramatique sur la folie de l'opportunisme. Sur la folie de la rapidité ou de la rapidité avec laquelle une société tombe dans cette convention . Et dans cette mesure, ce film, qui est vraiment comme des peintures, presque comme un cadeau à l'Allemagne, n'est pas seulement pour moi une réévaluation - un film de
remise à jour si classique, où l'on dit : "On doit le regarder maintenant. C'est vraiment un film d'aujourd'hui, dans l'ici et maintenant, où l'on peut voir méticuleusement immédiatement des
capillaires aux sillons où sont les points cruciaux. Là où on se reconnaît. Et à côté de cela, c‘est simplement une histoire incroyablement racontée.

Katty Salie:
Als Lenz den Roman geschrieben hat, da hat er als Vorbild für den Max (Maler) den Emil gehabt. Emil Nolde, der damals im Jahre 1968, als der Roman erschienen ist, als Maler galt, dem die Nazis übel mitgespielt haben Der angeblich mit einem Malverbot - das wurde ihm auferlegt – angeblich. Seit Kurzem weiß man, dass dem nicht so ist. Dass er tatsächlich Nationalsozialist, ein überzeugter war und Antisemit. Hatten Sie zu irgendeinem Zeitpunkt ein Problem mit dieser Figur? Als Maler?
Quand Lenz a écrit le roman, il a eu Emil comme modèle pour Max. Emil Nolde, qui à l’époque,
en 1968, lorsque le roman est sorti, était considéré comme un peintre auquel les nazis avaient joué du mauvais tour. Celui qui aurait soi-disant reçu une interdiction de peindre - c’est ce qui lui était imposé - soi-disant. On sait depuis peu que ce n'est pas le cas. Qu'il était en effet national-socialiste, convaincu et antisémite.. Avez-vous eu à un moment donné un problème avec ce personnage ? En tant que peintre ?

Tobias:
Also ich muss da gleich sagen, dass Nolde sicher damit nicht gemeint war. Nämlich Lenz hat sich schon gleich im Jahre 1977 sich sofort davon distanziert, dass es Nolde ist. Er hat einfach einen Prototyp genommen für die deutschen Expressionisten. Nolde kannte man. Er hat in seiner Nähe gewohnt. Aber er war der Prototyp dieser Mensch. .Er war genau wie Ernst Ludwig Kirchner. Da war auch Pechstein dabei. Also die hätten das genau so sein können. Und so ist es auch in unserem Film mitnichten in irgendeiner Form Nolde, sondern eben Nansen.
Je dois donc dire tout de suite que Nolde n'était certainement pas visé par cela. En fait, Lenz a immédiatement pris ses distances en 1977 par rapport au fait que c'était Nolde Il a simplement pris un prototype pour les expressionnistes allemands. On connaissait Nolde. Il vivait près de chez
lui. Mais c'était le prototype de cet homme. Il était exactement comme Ernst Ludwig Kirchner. Il y avait aussi Pechstein. C'est donc exactement ce qu'ils auraient pu être. Et c'est donc aussi ainsi dans notre film qu'il n'est pas du tout sous quelque forme que ce soit Nolde, mais juste Nansen

Katty Salie:
Und Christian Schwochow wird auch nicht müde, das immer wieder zu betonen……
Et Christian Schwochow ne se lasse jamais de le souligner encore et encore.....…

Tobias:
Ja, das ist ja auch so. Und das soll es ja nicht gehen. Letztendlich.
Oui, c‘est aussi ainsi. Et ça ne doit pas marcher. En fin de compte.

Katty Salie:
Genau. Es soll eine universelle Geschichte sein und tatsächlich finden wir auch, dass das dem Christian Schwochow super gelungen ist, das viel exemplarischer und überzeitlicher noch anzulegen. (Tobias bejaht) Sie haben gerade gesagt, es sei wie ein Gemälde, dieser Film. Inwiefern ein Gemälde?
Exactement. C'est censé être une histoire universelle et en fait nous pensons aussi que Christian Schwochow a réussi à la rendre beaucoup plus exemplaire et intemporelle.(Tobias confirme) Vous venez de dire que c'était comme un tableau, ce film. Un tableau dans quelle mesure?

Tobias:
Ja ich meine damit nicht nur die äußere Form. Ich meine nicht nur die Ästhetik. Sondern ich meine auch den inneren Vorgang. Sie haben gerade vorher gesagt, wie diese toten Vögel. Welches Symbol die toten Vögel haben? Also es ist alles, was sozusagen ein Teil des Dialogs ist, ist immer eine Metapher für etwas. Also diese toten Vögel sind natürlich ein unglaubliches Bild dafür. Und die stehen zwischen diesen Charakteren und stehen zwischen den Menschen, den handelnden. So dass es immer sozusagen fast biblisch, so wie ein Symbol ist. Das macht das natürlich unglaublich stark. Nicht nur Bilderstark, sondern auch Symbolstark. So dass diese Zerrissenheit, dieses langsame Zerfressen, dieses unglaublich armen Jungen, der sich zwischen der Liebe zu seinem Vater und der Liebe zu seinem Patenonkel steht. Der zerrieben wird nahezu. Und das macht es unglaublich und atemlos. Ich meine, wenn man da zusieht, sogar wenn man da selber mitgespielt hat.
Oui, je ne parle pas seulement de la forme extérieure. Je ne parle pas seulement de l'esthétique. Mais je parle aussi du processus interne. Vous venez de dire, comme ces oiseaux morts. Quel symbole ont les oiseaux morts? Donc, tout ce qui fait partie du dialogue, pour ainsi dire, est toujours une métaphore de quelque chose. Donc, ces oiseaux morts sont bien sûr une image incroyable pour cela. Et ils se tiennent entre ces personnages et entre les gens, ceux qui agissent. Donc, c'est toujours presque biblique, comme un symbole. Bien sûr, cela le rend incroyablement fort. Non seulement fort dans les images mais aussi fort dans les symboles. Donc, cette scission, ce lent rongement, ce garçon incroyablement pauvre qui se tient entre l'amour pour son père et l'amour pour son parrain. Qui est presque écrasé. Et cela le rend incroyable et à bout de souffle.
Je veux dire, quand on regarde cela, même si on y a participé soi-même.


Katty Salie:
Ja, sogar wenn man selber dabei ist? (Tobias bejaht) Lenz hat damals gesagt, der Künstler sei ein Mitwisser, ein Mitwisser von Rechtlosigkeit und riskanten Formen. Und Kunst sei nur berechtigt, wenn der Künstler zur Mitwisserschaft steht und nicht schweigt. Wie stehen Sie denn dazu? Sehen Sie sich als Künstler noch mehr in der Pflicht in der gesellschaftlichen Verantwortung? Mehr, als
ein Otto-Normal-Bürger?
Oui, même quand on y est soi-même? (Tobias confirme) À l'époque, Lenz avait déclaré que l'artiste était un connaisseur, un connaisseur des formes sans lois et à risques. Et l'art n'est justifié que si l'artiste se tient à ses côtés et ne reste pas silencieux. Comment vous sentez-vous à ce sujet? Vous voyez-vous encore plus en tant qu’artiste dans le devoir de responsabilité sociale? Plus qu'un citoyen normal?

Tobias:
Ja schauen Sie. Der Punkt ist ja letztendlich, was macht man? Man ist ja ein Reflektor. Letztendlich
ist Kunst überhaupt und wir ja ohnehin als Menschendarsteller, als Gesellschaftsdarsteller, sind wir immer gewohnt, ein Spiegel zu sein. Nämlich nicht nur als Person, sondern auch als Spiegel in der
Interpretation. Und insofern hat man sicher einen ganz anderen Ausgangspunkt und eine andere Verantwortung. Aber das heißt nicht, dass jeder Künstler automatisch ein Moralist, oder moralistisch arbeiten muss. Sondern man kann natürlich auch die Hintergründe oder die Analysen
ganz anders betreiben. Man kann etwas über Banken erzählen. Ich glaube, dass es ganz wichtig ist, dass unser Beruf natürlich nicht nur mit dem Zeigefinger Dinge erzählt. Dafür gibt es ja Dokumentationen.:Sondern wir erzählen Geschichten und in diesen Geschichten ergibt sich die
Wiedererkennung.
Oui, regardez? Le fait est finalement, que fait-on? On est un réflecteur. Finalement, l’art est quelque chose, et nous sommes de toute façon des acteurs humains, des acteurs sociaux,
nous sommes toujours habitués à être un miroir. Non seulement en tant que personne, mais aussi en tant que miroir dans l’interprétation. De ce point de vue, on a certainement un tout autre point de départ et une responsabilité différente. Mais ça ne veut pas dire que chaque artiste doit être moraliste ou doit travailler de façon moraliste. Bien sûr, on peut aussi faire les choses très différemment, ou les analyser. On peut raconter quelque chose sur les banques. Je crois qu’il est très important que notre métier ne raconte pas seulement les choses en les pointant du doigt. Il y a des documentaires pour ça: Mais nous racontons des histoires et dans ces histoires, la reconnaissance apparaît.

Katty Salie:
Und was meinen Sie? Herr Schwochow hat eben gerade gesagt, die Journalisten, die Medien, die haben es schwer, sich der braunen Gefahr in den Weg zu stellen. Und da müssen die Filmschaffenden ran.
Et qu'en pensez-vous ? M. Schvochow vient de dire que les journalistes, les médias, ont du mal à se mettre au travers de la menace brune. Et c'est là que les cinéastes doivent aller. .

Tobias:
Na ja, es ist so. Ich glaube, dass gerade die Medienwelt momentan ziemlich zerrüttet ist und auch ziemlich apathisch ist. Weil es zwischen dem Druck, den es gibt, auch zwischen den Neuen Medien und den konventionellen Medien. Jeder versucht sozusagen zwar im richtigen Sinne und auf der richtigen Seite, will aber doch mit einem gewissen Opportunismus auch mal ran und vielleicht schauen, wie weit kann ich gehen, wo bekomme ich eine Quote? Was bewirke ich mit dieser Provokation? Und das hat er wahrscheinlich damit gemeint, Man sagt ja, das hat eine Eigendynamik. Und da muss man einfach auch mit sehr viel Verantwortung ran gehen.
Eh bien, c'est comme ça. Je crois que le monde des médias est très fragile en ce moment
et assez apathique. Parce que c'est entre la pression qui existe et entre les nouveaux médias et les médias conventionnels. Tout le monde essaie, pour ainsi dire, certes dans le bon sens et du bon côté, mais avec un certain opportunisme, on veut aussi essayer et peut-être regarder, jusqu'où puis-je aller, où puis-je obtenir un quota? Qu'est-ce que je fais de cette provocation? Et c'est probablement ce qu'il voulait dire par là, on dit oui, cela a sa propre dynamique. Et on doit
simplement assumer beaucoup de responsabilités.

Katty Salie:
Hm hm. Ja, diese Verantwortung stellt sich jetzt auch am Sonntag wieder, wenn die Wahlen in Österreich sind. In Ihrem Land. Sie waren ja auch dabei, vor 2 Jahren, als sich der Rechtsdruck dort ereignet hat. Jetzt hat Sebastian Kurz ein Drittel der Wählerschaft laut Prognosen wieder hinter sich. Wie blicken Sie auf die nahe Vergangenheit und auf die nahe Zukunft Ihres Landes?
Hm hm hm. Oui, cette responsabilité sera à nouveau assumée dimanche, lorsque les élections auront lieu en Autriche. Dans votre pays. Vous étiez là il y a 2 ans, quand la pression de droite s'est produite là-bas. Aujourd'hui, Sebastian Kurz a de nouveau un tiers de l'électorat derrière lui, selon les prévisions. Comment voyez-vous le passé proche et l'avenir proche de votre pays ?

Tobias:
Ich habe zufälligerweise gestern eine Sendung gesehen, wo sich alle Kandidaten versammelt haben. Das hat auf eine sehr ernsthafte und demokratische Weise statt gefunden. So, dass man zuversichtlich ist, dass wirklich diese Wahl auch anders als populistisch begangen wird. Und
klarerweise haben wir das Problem in ganz Europa, dass wir sozusagen, dass die Schere das Problem ist. Aber die Schere ist ja nicht nur der Grund des Problems, sondern das ist eigentlich die Auswirklung. Und da ist es wirklich wichtig, dass man auch – gerade was die Medien betrifft –
Analysen betreibt, wirklich am Ankerpunkt. Und nicht nur in den Auswirkungen. Nicht, ich meine...ich meine, das ist nicht nur dort so, sondern das ist in ganz Europa so. Und bei euch genauso.
Hier, j‘ai vu par hasard une émission hier où tous les candidats se sont rassemblés. Cela s'est fait d'une manière très sérieuse et démocratique. Pour que l'on soit confiant que cette élection se déroulera d'une manière autre que populiste. Et bien sûr, nous avons le problème dans toute l'Europe, que nous avons le problème, pour ainsi dire, que la censure est le problème. Mais la censure n‘est pas seulement la cause duproblème, elle en est l'effet. Et c'est là qu'il est vraiment important que nous réalisions des analyses - en particulier en ce qui concerne les médias - vraiment au point d'ancrage. Et pas seulement dans les effets. Non, je veux dire... Je veux dire, ce n'est pas seulement le cas là-bas, c'est le cas partout en Europe. Et il en va de même chez vous.

Eine klitzekleine Analyse von mir noch. Da komme ich gerade gar nicht daran vorbei. Sie haben am Anfang gesagt, dieser Film sei ein Geschenk an Deutschland. Inwiefern? Er kommt ja auch am Nationalfeiertag ins Kino.
Une toute petite analyse de ma part encore. Je ne peux tout simplement pas ignorer cela. Vous avez dit au début que ce film était un cadeau pour l'Allemagne. De quelle façon? Il vient aussi au cinéma le jour de la fête nationale.

Tobias:
Kommt er? (Katty Salie bejaht) Ich empfinde es deswegen, weil er mit so viel Bedachtsamkeit und
Feinsinn und eben nicht mit dem moralischen Zeigefinger, sondern mit sehr viel Liebe und zwar in der Außen- und in der Innenwahrnehmung über das eigene Land, die eigene Geschichte, diese Geschichte öffnet für jeden, der gewohnt ist, dass man sich sozusagen mal den Hammer auf den
Kopf haut. Sondern da kann man erkennen und in die Geschichte sich hinein manövrieren und sehen, wie unfassbar klein, diese Schritte sind, die dann zu Großem führen. Oder zu einem großen Irrsinn führen.
Est-ce qu'il sort? (Katty Salie confirme) C'est pourquoi je ressens cela parce que cette histoire, avec beaucoup de délibération et de subtilité et non pas avec l'index moralisateur, mais avec beaucoup d'amour et dans la perception extérieure et intérieure de leur propre pays, présente leur propre histoire, pour quiconque est habitué au fait que l'on prend, pour ainsi dire, un coup sur la tête. Mais là-bas, on peut reconnaître et pénétrer dans l'histoire et voir à quel point ces étapes sont
incroyablement petites, ce qui conduit ensuite à la grandeur. Ou conduire à une grande folie.

Katty Salie:
Ja dann kann sich das Publikum freuen, am nächsten Donnerstag dieses Geschenk auszupacken. Herzlichen Dank für den Besuch hier bei uns Herr Moretti.
Oui, le public pourra alors se réjouir de déballer ce cadeau jeudi prochain. Merci beaucoup de votre visite, M. Moretti.

Tobias:
Freut mich. Danke sehr.
Cela me réjouit. Merci beaucoup

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