TOBIAS MORETTI

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Une vie cachée (sortie en France le 11/12/19)

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Une vie cachée ; la révélation d’une âme
ARTICLE | 04/12/2019 | Numéro 2186 | Par Édouard Huber

Des vues enivrantes du Tyrol aux geôles nazies de Berlin, Terrence Malick raconte en images bouleversantes le sacrifice de Franz Jägerstätter.

On ne déflore pas le film en citant d’emblée la phrase finale, de la romancière victorienne George Eliot : « Car le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et si les choses ne vont pas pour vous et moi aussi mal qu’elles auraient pu aller, nous en sommes redevables en partie à ceux qui ont vécu fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes que personne ne visite plus. » Elle dit ce que signifie cette « vie cachée » choisie pour titre du film et qui convient si bien à Franz Jägerstätter (joué par August Diehl), l’humble paysan autrichien que Terrence Malick a choisi d’honorer, ainsi que sa femme Franziska, « Fani » (Valerie Pachner). La citation de George Eliot ne convient cependant pas jusqu’au bout : la tombe de Jägerstätter n’est pas délaissée, elle attire des foules de pèlerins désormais que Benoît XVI, en 2007, l’a proclamé bienheureux !

Le film s’ouvre par des images de paysages montagnards, alpages ou sommets rocheux, ciels azuréens ou cascades diamantines, que Malick peint avec le lyrisme vibrant qu’on lui connaît et qui, porté par la musique princière de James Howard, forme un hymne béatifiant à la Création. Splendeur du Sud-Tyrol ! Amoureux de la nature et amoureux du cinéma (souvent les mêmes) sont comblés dans ces vues inspirées.

Ce sont les jours, en 1939, et il y a aussi les travaux. Dans la ferme de Franz, au bord du village de Sankt Radegund, reconstitué en partie, le mari et la femme font tous les ouvrages. Après qu’elle a rassemblé la basse-cour et trait la vache, elle manie le lourd métier à tisser en bois. Lui veille à la bonne marche du moulin à eau et de la forge, et dirige l’impressionnante scie à ruban capable de débiter des poutres. Il y a naturellement la moisson que les époux mènent tous deux de front, faux à la main. Pour que cette vie humble et laborieuse soit parfaite, elle s’orne de trois exquises petites filles qui courent autour des parents comme du liseron.

Fermez le ban : c’est la guerre. Dans l’Autriche annexée à l’Allemagne par l’Anschluss, depuis 1938, être soldat c’est porter l’uniforme de la Wehrmacht. Franz y souscrit pour une période de classes, mais il refuse de s’associer à un chant nazi. Quand il retrouve enfin sa femme Fani, le film livre une de ses plus belles scènes, les retrouvailles des époux où la joie d’aimer inonde l’écran.

Les trois heures du film sont utiles pour saisir la vérité du sacrifice de Franz, ainsi que son amertume et sa joie.

Joerg Widmer, le chef opérateur de Malick, filme tous les plans avec des focales courtes, le plus souvent en steadicam (caméra portée stabilisée), jouant en virtuose des déformations de plan qu’elles occasionnent, et, dans les embrassades de Franz et Fani, il compose en vagues d’images les mouvements de leurs cœurs. C’est là, dans ses œuvres, qu’on découvre Malick, le plus mystérieux des cinéastes, dont on ne connaît presque aucune image, qui n’accorde aucune interview, et qui se contente de laisser dire quand on affirme qu’il est chrétien (son prochain film n’est-il pas consacré à Jésus ?). Quand Franz reçoit son ordre de mobilisation, il a aussitôt le réflexe de résister à la soumission au nazisme mais, en bon paroissien, il pense d’abord à consulter son curé. Franz, qui se demande s’il est moral de participer à des guerres injustes, menées par une armée soumise au nazisme, est dépité lorsque le prêtre (Tobias Moretti) lui oppose sa responsabilité de chef famille, et les conséquences fâcheuses de sa décision pour celle-ci. Mais quel spectateur ne préférera pas suivre Franz dans sa cohérence ? Une des pénibles conséquences de sa décision est de dresser un à un tous les villageois contre lui. Alors que lui et sa femme étaient en honneur dans leur village par leur sympathie envers tous, ils deviennent les parias dont on se détourne à leur passage, si on ne crache pas sur leurs pas.

Franz repart sous les drapeaux, mais refuse de porter les armes. Un ami tente de le dissuader de sa décision, tous deux sachant que l’issue ne peut être que la mort. Le mari de Fani est emprisonné à Enns, puis à Berlin, attendant plusieurs mois avant d’être jugé. Malick a pu tourner dans de vraies prisons, dont Hoheneck, l’établissement pénitentiaire de la Stasi, tristement célèbre pour ses terribles conditions de détention. Durant tout cet enfermement, Franz et sa femme s’écrivent et se soutiennent l’un l’autre. Retournement du sort, ces lettres de l’oublié seront la principale source du film ! Les deux scènes finales, le tribunal (avec Bruno Ganz en juge, son dernier rôle avant de mourir) et l’exécution, sont d’une égale transcendance dans l’ignominie et la sublimité. Le spectateur qui a suivi durant trois heures cette montée au sommet comprend qu’une telle durée était utile pour saisir la vérité de ce sacrifice. De son amertume et de sa joie, puisque, nous le savons par ses lettres, la fin de Franz fut heureuse.

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Lorsqu'il est appelé à servir, Franz demande l'aide du curé de la ville, le père Fürthauer (Tobias Moretti) et découvre que l'église qu'il a respectée est devenue complice du crime de "meurtre d'innocents".

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