TOBIAS MORETTI

TOBIAS MORETTI

Trenker : une interview dans "Die Presse"

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Tobias Moretti über Luis Trenker: „Phänomen mit Fragwürdigkeiten“
Tobias Moretti à propos de Luis Trenker : « Phénomène aux aspects douteux »

Fernsehen. Tobias Moretti über seine Rolle als Luis Trenker in „Der schmale Grat der Wahrheit“, Hitlers Verehrung für Trenker und die Idealisierung der Berge.
Télévision : Tobias Moretti à propos de son rôle en tant que Luis Trenker dans « l’étroite arête de la vérité », la vénération d’Hitler pour Trenker et l’idéalisation de la montagne 

16.11.2015 | 20:20 | von Isabella WALLNÖFER (Die Presse)

Die Presse: Haben Sie Luis Trenker je getroffen bzw., was haben Sie mit ihm verbunden?
Die Presse : Avez-vous rencontré Luis Trenker ou bien qu’est-ce qui vous a relié à lui ? 

Tobias Moretti: Gesehen habe ich ihn nur einmal in Bozen, zufällig. Ich war damals Student, ein stattlicher älterer Herr ging an mir vorbei. Er hat mich nicht wirklich interessiert. Als Kind hatte ich natürlich seine Bergfilme gesehen, und später bin ich auch über seine Fernsehg'schichtln gestolpert, die fand ich etwas absurd. Aber diese Bergfilmdramatik, die man mit ihm verband, gehörte einfach zu den verregneten Fernsehsonntagen der Kindheit.
Tobias Moretti : Je l’ai vu seulement une fois à Bozen par hasard. J’étais étudiant à l’époque, un vieux monsieur imposant est venu vers moi. Il ne m’a pas vraiment intéressé. Quand j’étais enfant, j’avais bien sûr vu ses films de montagne, et plus tard, j’étais aussi tombé sur ses histoires télévisées, que je trouvais un peu absurdes. Mais ces films de montagne dramatiques, qu’on lui associait, appartenaient aux films télévisés des dimanches pluvieux de l’enfance. 

Um welche Wahrheit(en) geht es beim „Schmalen Grat der Wahrheit“?
Et de quelle(s) vérité(s) s’agit-il dans « l’étroite arête de la vérité » ? 

Erstens um den schmalen Grat der subjektiven Interpretation seiner eigenen Geschichte. Trenker hat sich seine Wahrheit immer selber zurechtgezimmert, indem er mit einer ungeheuren Emphase alles ins Positive blendete und alles, was ihm nicht ins Bild passte, konsequent ausblendete. Mit der historischen Wahrheit, wenn man das so nennen will, hatte das nur in Umrissen zu tun. Um diese Diskrepanz geht es, unter anderem.
Premièrement, sur l’étroite arête de l’interprétation subjective de sa propre histoire. Trenker a lui-même toujours lui-même établi sa propre vérité, tandis qu’il aveuglait tout en positif avec une emphase énorme et il occultait en conséquence tout ce qui ne lui convenait pas. Avec la vérité historique, si on veut appeler cela ainsi, cela avait à voir seulement avec les grandes lignes. Et il s’agit de cette divergence, entre autres. 

Wie wahr ist das Trenker-Bild, das man in Österreich und Südtirol bisher hatte?
A quel point l’image de Trenker que l’on avait jusque là en Autriche et au Tyrol du Sud est-elle veritable ? 

In Südtirol ist sein Bild wohl immer schon zwiespältig gewesen, unter den Bergsteigern sowieso. In Deutschland ist seine Selbst- und Heimatinszenierung vielleicht sogar unkritischer aufgenommen worden als daheim. Erst später, nach seiner Fernsehreihe „Luis Trenker erzählt“, die für die Südtiroler und Tiroler einen enormen touristischen Aufschwung mit sich brachte, hat man ihn neu geehrt und etabliert.
Au Tyrol du Sud, son image a sans doute toujours été ambivalente, parmi les alpinistes en tout cas. En Allemagne, sa mise en scène personnelle et patriotique a même peut-être été considérée comme non-critique comme à la maison. Plus tard seulement, après sa série télévisée « Luis Trenker raconte », qui a apporté avec elle un énorme boom touristique pour les tyroliens du Sud et les tyroliens, on l’a de nouveau honoré et pris en considération. 

Was war Ihnen selbst neu?
Qu’est-ce qui était nouveau pour vous-même ? 

Wie sehr er politisch taktiert hat, also abwechselnd Goebbels und Mussolini umworben hat, wusste ich nicht. Auch dass er optiert hat, war mir nicht bekannt, er hat ja selbst das Gegenteil behauptet. Und die Geschichte mit den Tagebüchern, die unglaublich ist (die auch seinen schmalen Grat der Wahrheit repräsentiert). Von der Affäre mit Leni Riefenstahl wusste ich, aber nicht, wie verflochten die beiden waren.
A quel point il a agi politiquement de façon tactique, donc a cherché les faveurs à tour de rôle Goebbels et Mussolini, je ne le savais pas. Qu’il a aussi opté, ne m’était pas non plus connu, il a lui-même affirmé le contraire. Et l’histoire avec le journal intime, qui est incroyable (qui représente aussi son étroite arête de la vérité). Je savais pour la liaison avec Leni Riefensthal, mais pas à quel point les deux étaient étroitement liés. 

Was für ein Mensch ist Trenker für Sie?
Quelle sorte d’homme est Trenker pour vous ? 

Ein Emphatischer, von seiner Arbeit und seinem Ehrgeiz Besessener, ein Opportunist – dabei aber durchaus faszinierend, zum einen als Filmpionier, zum anderen ein Phänomen mit seinen Fragwürdigkeiten. Ein Geschichtenerzähler, bei dem man sich gar nicht mehr fragt, wie viele seiner Geschichten er selbst geglaubt hat, weil man sie ihm als Zuhörer selber glaubte, auch wenn man das Gegenteil wusste.
Un emphatique, obsédé par son travail et son ambition, un opportuniste – mais avec cela absolument fascinant, d’une part en tant que pionnier du cinéma, d’autre part, un phénomène avec ses aspects douteux. Un conteur d’histoires, chez qui on ne se demande même plus, à combien de ses histoires il a cru lui-même, parce qu’en tant qu’auditeur, on les croyait soi-même, même si on savait que c’était le contraire. 

Hatten Sie Bedenken, jemanden zu spielen, über den es immer wieder neue Enthüllungen geben kann?
Aviez-vous des scrupules à jouer quelqu’un à propos duquel il peut toujours y avoir de nouvelles découvertes ? 

Das ist ja kein Kriterium. Ich hatte zunächst andere Bedenken, etwa dass man aus dem Film ein Heldenepos vor imposantem Bergpanorama machen könnte. Nach vielem Hin und Her wurde es schließlich das, was es jetzt ist. Und dass es Murnberger gelungen ist, diese ironische Distanz in die Figur und in die Geschichte zu bringen, macht den Film besonders. Er ist ja nicht unkomisch, trotz seines Themas.
Ce n’est pas un critère. J’ai tout d’abord eu d’autres scrupules, comme quoi on pouvait faire du film une épopée héroïque devant un imposant panorama montagnard. Après beaucoup d’hésitations, il est finalement devenu ce qu’il est maintenant. Et ce que Murnberger a réussi, à apporter cette distance ironique dans le personnage et dans l’histoire, rend le film particulier. Et ce n’est pas sans un côté comique, malgré son sujet. 

Hitler soll Trenker verehrt haben, ehe er in Ungnade fiel. Können Sie beides nachvollziehen?
Hitler aurait adoré Trenker, avant qu'il ne tombe en disgrâce. Pouvez-vous comprendre les deux?

Ja, aber da muss man genauer sein. Hitler hat Trenkers Film „Der Rebell“ in den 20ern geliebt, und dieser Film hatte eine ganz eigene dramatische Freiheitsromantik, obgleich er mit den damals modernsten Stil- und Filmmitteln gemacht war, ja fast mit opernhaftem Expressionismus gespielt hat. Trenker verkörperte ein sehr traditionelles Männerbild: maskulin, dominant, kraftvoll, aber sensibel, im Jargon der Zeit hätte man „schneidig“ gesagt. Das passte gut in die Ideologie. Sogar seine Kapitalismus-Kritik im „Verlorenen Sohn“ kam den Nazis sehr gelegen. Später hat man gemerkt, dass man diese Menschenmischung aus Naivität, Kalkül und Tiroler Eigensinn nicht dauerhaft domestizieren kann, deswegen hat ihn Goebbels abserviert.
Oui, mais il faut être plus précis. Hitler a aimé le film de Trenker "Le Rebelle" dans les années 20, et ce film avait une romance dramatique tout à fait propre sur la liberté, bien qu'il ait été fait avec les moyens de style et de cinéma les plus modernes, a en effet joué avec un expressionnisme presque lyrique. Trenker incarne une image très traditionnelle des hommes: masculins, dominants, énergiques, mais sensibles, dans le jargon de l'époque on aurait dit "fougueux". Cela allait bien dans l'idéologie. Même sa critique du capitalisme dans le "fils prodigue" arrangeait bien les nazis. Plus tard, l'on a remarqué que ce mélange d'individus fait de naïveté, de calcul et d'entêtement tyrolien, ne pouvait pas être domestiqué durablement, c'est pourquoi Goebbels l'a limogé.

Wie schmal ist der Grat zwischen Liebe zur Bergwelt und ihrer falschen Idealisierung?
A quel point la ligne entre l'amour pour les montagnes et votre fausse idéalisation est-elle étroite ?

Nur für den Blick von außen kommt es zur Idealisierung. Die Berge haben ihre eigene Kraft, ihre eigene Mystik, ihre eigene Welt und ihre eigene Ungnädigkeit. Nur weil man in einem medienurbanen Zeitalter manche Dinge nicht versteht, heißt das nicht, dass es eine falsche Idealisierung nach sich ziehen muss.
Ce n'est que vue de l'extérieur, que l'on en vient à idéaliser. Les montagnes ont leur propre force, leur propre mystique, leur propre monde et leur propre mauvaise grâce. Ce n'est pas simplement parce que l'on ne comprend dans une ère des médias-urbaine certaines choses, que cela signifie que cela entraîne une fausse idéalisation.

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